2021, l’année qui a transformé l’épargne ?


Le taux du livret A en décembre 2021 est de 0,50%.

Le Français, va-t-il à nouveau consommer ou va-t-il continuer à épargner en privilégiant des produits tels que le livret A?

Les épargnants-consommateurs européens ont en moyenne épargné plus qu’ils n’ont dépensé chaque mois entre septembre 2019 et août 2021. Selon les dernières données de la Banque Centrale Européenne (BCE), après une brève flambée des dépenses à la fin de l’été, les consommateurs européens se sont pour la grande majorité remis à privilégier l’épargne. En octobre, les flux d’épargne ont augmenté en comparaison au mois précédent de 65% en Espagne, de 160% en Belgique, de 223% en Allemagne et atteignant les 760% en Italie.

Seule la France fait à nouveau figure d’exception parmi les principales économies de la zone euro. Cet été les Français avaient principalement épargné et au mois d’octobre le niveau de dépenses à surpassé l’épargne. Avec les annonces récentes du ministre de l’Économie et du gouverneur de la Banque de France (BdF), il se peut que cette tendance s’inverse à nouveau en 2022 et que les épargnants-consommateurs privilégient à nouveau l’épargne de précaution.

«J’en prends l’engagement ce matin» – Bruno Le Maire

L’annonce tant attendue a été faite cette semaine, le placement vedette que détient presque tout Français (soit 55 millions), l’emblématique Livret A, augmentera en 2022 pour la première fois depuis août 2011.

Selon la Caisse des Dépôts, sur les dix premiers mois de l’année, la collecte cumulée sur ce produit s’élève à 16,96 milliards d’euros, malgré une inflation forte et un taux au plus bas, offrant à l’épargnant un taux de rémunération réel négatif. La collecte nette du Livret A en octobre était négative avec des sorties de fonds de -2,83 milliards d’euros, une première depuis décembre 2020 (-0,84 Mds€). Aucun taux n’a encore été indiqué, nous devrons attendre la mi-janvier pour voir ce que la nouvelle année nous apportera.

Une hausse du taux du Livret A, le Produit Net Bancaire (PNB) va être impacté

La hausse du taux du Livret A n’apporte pas une bonne nouvelle pour tous les acteurs économiques. La hausse du taux signifie un coût supplémentaire pour les banques qui distribuent les livrets A et accroît significativement leurs coûts opérationnels. Si l’on considère la possibilité que le taux augmente à 0,75%, le coût annuel pour les banques françaises serait à hauteur de 460 millions d’euros (0,3% du PNB) selon les estimations de Fitch Ratings. Aussi, les banques devront certainement revoir à la hausse le rendement des autres produits bancaires, si elles souhaitent ne pas voir leurs encours baisser et/ou attirer de nouveaux épargnants.

«Le plus haut chiffre de croissance depuis plus de 50 ans» – François Villeroy de Galhau

La croissance française pour l’année 2021 devrait atteindre les 6,7% selon les prévisions de la Banque de France (BdF). Un chiffre bien supérieur à ce qui avait été annoncé en début d’année et qui nous sera confirmé par la BdF lundi. Le retour de la croissance et la baisse du chômage pourraient favoriser un retour de confiance chez l’épargnant-consommateur, d’autant plus si la confiance envers le gouvernement pour combattre la pandémie se confirme. Cela pourrait accentuer davantage les pressions inflationnistes.

Quant à l’inflation, une thématique préoccupante pour tous, celle-ci a augmenté progressivement tout au long de l’année (notamment dû au prix de l’énergie et la difficulté d’approvisionnement) pour atteindre en France près de 3% ce mois-ci, soit bien supérieure à l’objectif annoncé par la BCE cet été. Cette inflation marque une grande majorité des pays de la zone euro (voir notre analyse de novembre). Selon le gouverneur de la BdF, l’inflation diminuera en France et descendra sous les 2% d’ici à la fin 2022, mais on peut être en droit de se demander si ce sera bien le cas, vu la performance passée des banques centrales à prédire l’inflation et atteindre leurs objectifs.

Mais quelle est la solution pour le pouvoir d’achat des Français et de tout européen?

Étant donné que les épargnant-consommateurs européens ont moins d’options pour faire fructifier leur épargne bancaire (dû à l’arrêt de la commercialisation de comptes à terme et d’autres produits bancaires de certaines banques), il est essentiel qu’ils gèrent leur épargne stratégiquement. Même dans un environnement de taux bas, l’épargne joue un rôle essentiel dans la sécurité financière des individus. Les dépôts sont la seule classe d’actifs où les clients ont une garantie sur leur capital. Lorsqu’ils sont judicieusement diversifiés, ils offrent un niveau de flexibilité plus élevé que la plupart des investissements. La pandémie a démontré que nous devons être préparés à un certain degré de volatilité et d’imprévus.

Il y a deux erreurs courantes que les Européens commettent lorsqu’ils gèrent leur épargne. Or, une épargne plus stratégique pourrait également alléger la pression sur les banques.

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