Désormais, les grandes Banques centrales américaine (FED) et européenne (BCE) sont confrontées à une inflation face à laquelle elles ne peuvent rien.

Les taux directeurs ramenés depuis la crise de 2008 à quasiment zéro et les politiques monétaires expansionnistes ont rendu les marchés financiers accros à l’argent gratuit et aux injections de liquidités.

Désormais, rehausser brutalement les taux pour juguler l’inflation pourrait ni plus ni moins provoquer l’effondrement des marchés financiers. Ces derniers sont en lévitation depuis 2008 et engendrent bulle spéculative sur bulle spéculative. La dernière et actuelle étant celle des matières énergétiques.

Car non, il ne s’agit pas d’inflation au sens classique du terme, ni de crise énergétique due à une raréfaction de l’offre.

Bien au contraire, le pouvoir d’achat des ménages n’a eu de cesse de diminuer depuis la parenthèse Covid, la demande mondiale s’est contractée; quant aux niveaux de production de gaz et de pétrole, ces derniers sont globalement les mêmes depuis des mois.

Certes, certains diront que la crise russo-ukrainienne a semé la panique sur les marchés «Spot» et que l’Europe exprime une plus grande demande de gaz et de pétrole sur les marchés afin de trouver une alternative à la Russie.

Mais le fait est que tous ces facteurs servent avant tout d’alibi aux différents fonds spéculatifs qui ont le don de transmuter l’angoisse en envolée des prix.

Dans ce contexte de crise (croissance absente, inflation galopante, envolée des cours des matières premières et crise géopolitique majeure), certains observateurs s’attendent comme à l’accoutumée à une envolé des cours de l’or. Cette éternelle valeur refuge dont le prix constitue une sorte de thermomètre de l’économie mondiale.

Ces derniers pourraient paraphraser Louis De Funès dans la «Folie des grandeurs» en disant : «C’est l’Or, il est l’Or, l’Or de se réveiller, mon SeignOR». Rien n’y fait. Le cours de l’once d’or connait un trend fortement baissier depuis début mars, après avoir atteint un pic le 7 du même mois.

La guerre en Ukraine ne semble pas l’affecter tant que cela, ni l’inflation d’ailleurs, ce qui relève de l’hérésie à première vue pour tout économiste qui se respecte.

Car étant une dépréciation de la valeur de la monnaie, l’inflation doit amener les agents économiques à chercher dans la mesure du possible à démonétiser leur patrimoine en le plaçant dans des valeurs refuges qui échappent à l’usure et à la dépréciation.

Ainsi, la fièvre inflationniste est bien là, mais le thermomètre semble indiquer un bon état de santé.

Cependant, quelques explications bien simples permettent de lever le voile sur cette incohérence.

Premièrement, le prix du métal jaune est exprimé et échangé sur les grands marchés mondiaux en Dollar US. Mais il se trouve que la monnaie américaine connait depuis le mois de février (date de l’enclenchement de l’opération militaire russe en Ukraine) une forte appréciation face à l’Euro. On est ainsi passé d’un Euro/Dollar à 1,12 le 24 février à 1,04 le 14 mai.

Autrement dit, le dollar s’est trop fortement apprécié face à l’Euro et la parité n’a jamais été aussi proche. Cela implique qu’en raison de cette appréciation continue, il faut de moins en moins de Dollar pour acheter la même once d’or.

Pour vous en convaincre, il suffit de calculer l’évolution des cours de l’or sur la période février-mars en Franc Suisse (devise plus stable) pour voir que le prix d’or, bien qu’étant volatil, évolue autour d’une moyenne stable. Comme par magie, le trend baissier des deux derniers mois a disparu.

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