Le possible ralentissement de la planche à billets affole les marchés

La Réserve fédérale américaine a émis l’hypothèse d’une réduction de sa politique de soutien monétaire dès cette année. La nouvelle n’a pas tardé à fortement impacter des marchés habitués à surperformer grâce à l’argent des banques centrales. La fin de la fête pour les Bourses mondiales?

Une belle gueule de bois. Ce 19 août est une journée difficile sur de nombreux marchés financiers à travers la planète. En cause? La publication la veille des minutes de la Fed, du nom donné au compte-rendu de la dernière réunion de politique monétaire de la banque centrale américaine. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elles ont levé un vent de panique à travers bien des salles de marchés.

​L’hypothèse d’une réduction du soutien monétaire massif de la Fed a été évoquée et elle pourrait intervenir dès cette année. En plus de maintenir ses taux directeurs dans une fourchette allant de 0 à 0,25%, et afin d’aider à la relance de l’économie –à l’instar de ce qui s’est fait en Europe–, la Fed a mis en place une politique de rachat d’actifs d’envergure: 120 milliards de dollars par mois actuellement.

Les bonnes performances de l’économie américaine

Mais le fait de voir le bilan grossir et dépasser désormais les 8.000 milliards de dollars (36% du PIB américain) inquiète de nombreux observateurs, alors que la menace de l’inflation plane sur l’économie américaine. En juillet, l’indice des prix à la consommation a augmenté de 5,4% sur un an aux États-Unis.

Les experts de la Fed estiment donc que les bonnes performances de l’économie américaine pourraient permettre de réduire la voilure. En juillet, le chômage a fortement baissé du côté de l’Oncle Sam pour s’établir à 5,4%. On est maintenant très loin de la situation d’avril 2020 où il avait flirté avec les 15%.

«Si on a entre 800.000 et 1 million de créations d’emplois dans les deux prochains rapports officiels […], alors on aura regagné environ 85% des emplois perdus d’ici à début septembre», a expliqué Christopher Waller, gouverneur de la Fed lors d’une interview sur la chaîne CNBC dont Capital s’est fait l’écho.

Côté croissance, si cette dernière a un peu déçu au deuxième trimestre –6,5% en rythme annualité contre 8,5% attendu–, le chiffre a de quoi faire envie à de nombreuses économies à travers la planète. «La plupart des participants ont jugé que, à condition que l’économie évolue globalement comme ils l’avaient prévu, il pourrait être approprié de commencer à réduire le rythme des achats d’actifs cette année», explique la Fed. Mais pour le moment, rien n’est arrêté. Certains membres militent pour que le «tapering», ou baisse progressive du soutien monétaire, ne débute qu’en 2022. Reste qu’une tendance se dessine.

Pas de calendrier en vue

Déjà, début août, Christopher Waller parlait d’un «progrès significatif» au niveau économique et évoquait même une annonce concernant le tapering pour septembre.

«On devrait ne pas tarder à commencer, et à un rythme assez rapide, afin qu’on puisse commencer à relever les taux en 2022, si on doit le faire», a-t-il déclaré.

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